Question d’actualité de Marie-Françoise CLERGEAU

A Mme la Ministre déléguée à la famille et à l’enfance

 

Le 28 mars 2000

Mme Marie-Françoise Clergeau.

Madame  la  ministre,  je  souhaite  attirer  votre  attention sur la transposition en droit national de la directive 92/85 du  19  octobre  1992  concernant  la  mise  en  œuvre  de mesures  visant  à  promouvoir  l’amélioration  de  la  sécurité et  de  la  santé  des  femmes  enceintes,  accouchées  ou  allai- tant,  au  travail. 

De  la  presse  quotidienne  régionale  au journal  de  vingt  heures,  des  informations  contradictoires ont  été  diffusées  sur  les  conséquences  de  la  transposition de  cette  directive  sur  la  protection  des  droits  des  femmes au  travail. 

Le  Gouvernement  a  montré  à  de  multiples reprises son attachement à la recherche de l’égalité professionnelle  entre  les  femmes  et  les  hommes,  et  à  la  lutte contre toutes les formes de discrimination dans le monde du  travail.

Par  ailleurs,  nous  avons  voulu  une  politique  familiale particulièrement  volontariste  pour  favoriser  et  accompagner  le  retour  des  femmes  à  l’emploi,  notamment  par  la création d’aides à la reprise d’activité et par le développe- ment  des  modes  de  garde  des  jeunes  enfants. 

Au-delà  de l’incompréhension   suscitée   par   les   rumeurs   de   toutes sortes sur la transposition de cette directive, c’est la cohérence  de  nos  ambitions  qui  est  ainsi  mise  en  cause.  Il  est aujourd’hui   important   de   rassurer   les   femmes   et   leur famille sur le maintien de la durée du congé de maternité et  sur  la  protection  des  femmes  enceintes  contre  le  licenciement  et  contre  des  activités  dangereuses  pour  la  santé de la femme ou celle de son enfant. 

(Applaudissements sur les  bancs  du  groupe  socialiste  et  du  groupe  Radical,  Citoyen et  Vert.)

Mme  Ségolène  Royal,  ministre  déléguée  à  la  famille,  à l’enfance et aux personnes handicapées. 

En effet, madame la députée,  cette  directive  européenne  a  récemment  soulevé des  interrogations  et  votre  question  me  permet  une  nouvelle  fois  de  faire  le  point ;  comme  je  l’ai  déjà  fait  en recevant  le  professeur  Papiernik,  chef  de  la  maternité  de Port-Royal,  qui  avait  pris  l’initiative  d’une  protestation publique. Je  tiens  à  répéter  ici  clairement  que  la  directive  européenne  prévoit  explicitement  le  maintien  des  législations les   plus   avantageuses   et,   pour   les   pays   qui   n’ont   pas encore atteint ce niveau de protection sociale, l’obligation de  se  remettre  à  niveau.

La  France  est  très  en  avance  sur  la  directive,  d’abord parce  que  le  congé  de  maternité  y  est  de  seize  semaines ; ensuite,  parce  que  la  durée  de  protection  des  femmes enceintes  contre  le  licenciement  couvre  non  seulement  la période  de  grossesse,  mais  également  la  durée  du  congé de   maternité,   augmentée   de   quatre   semaines   -   nous sommes  le  pays  d’Europe  le  plus  en  avance  de  ce  point de  vue ;  enfin,  parce  que  le  licenciement  d’une  femme enceinte  n’est  possible  qu’en  cas  de  faute  grave  et  distincte  de  la  situation  de  femme  enceinte.

 La  directive européenne  prévoit  explicitement  le  maintien  des  législations  les  plus  avancées,  je  le  répète.  Quant  au  licencie- ment,  il  est  réglé  par  les  législations  nationales.

On  voit  ainsi  très  concrètement  comment  fonctionne l’Europe sociale : une Europe qui protège les droits acquis dans  chaque  pays  mais  qui,  en  même  temps,  tire  vers  le haut  ceux  qui  ne  sont  pas  encore  à  niveau. Vous    pouvez    compter    sur    ma    vigilance    dans    ce domaine. 

Le  Gouvernement  met  en  place  une  politique familiale  ambitieuse.  Je  prépare  des  mesures  pour  améliorer  l’accueil  de  l’enfant  à  la  naissance  et aux  personnes  handicapées.  ... pour  épauler  les  parents qui  sont  en  situation  précaire  et  pour  renforcer  la  place des  pères  auprès  des  jeunes  enfants.

 (Applaudissements  sur les  bancs  du  groupe  socialiste  et  du  groupe  Radical,  Citoyen et  Vert.)