Question d’actualité de Marie-Françoise CLERGEAU

A Mme la Ministre de l'emploi et de la solidarité

 

Le 23 janvier 2002

Mme Marie-Françoise Clergeau

Madame la ministre de l'emploi, nous avons été surpris par les propos de l'opposition au sujet de l'accès des jeunes à l'emploi et de leur autonomie. Le Gouvernement a pourtant obtenu de bons résultats. Le chômage des jeunes a été réduit de moitié ! (Protestations sur les bancs du groupe du RPR, du groupe UDF et du groupe DL) Il était avant 1997 deux fois supérieur à la moyenne mondiale. Cette exception française justifiait d'ailleurs qu'on parle de fracture sociale. Mais les gouvernements Balladur et Juppé n'ont d'autre bilan en la matière, que la tentative d'instituer un sous-SMIC pour les jeunes, le fameux CIP, retiré suite à la mobilisation des intéressés.

Dans la continuité de l'action engagée par Martine Aubry, le Gouvernement a ouvert un vaste chantier pour aider les jeunes à entrer sur le marché du travail. Beaucoup a été fait : je pense à notre politique volontariste en faveur de la croissance, à la création des emplois-jeunes, au programme TRACE et à la récente création des bourses d'accès à l'emploi. Il faut continuer.

Quel est l'impact de ces mesures sur l'emploi et l'insertion des jeunes ? (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste) 

Mme Elisabeth Guigou, ministre de l'emploi et de la solidarité 

Le Premier ministre, en 1997, avait promis de prendre ce problème à bras le corps. Il a tenu parole (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).

Nous avons remis 210 000 jeunes sur le marché du travail, alors qu'il y avait 600 000 jeunes chômeurs en 1997. Entre ces deux chiffres, il y a une différence radicale de méthode : les précédents gouvernements n'avaient trouvé à offrir aux jeunes que le « SMIC jeunes » de sinistre mémoire. On sait la réponse qui leur a été apportée. Au contraire ce gouvernement a pris des initiatives radicales en faveur de l'emploi des jeunes. Tout d'abord les 35 heures, qui ont créé quelque 400 000 emplois, ont aussi bénéficié aux jeunes. Ensuite le programme emplois-jeunes a profité à 350 000 d'entre eux, puisque je viens de signer avec le maire de Dijon le trois cent cinquante millième contrat. Les deux tiers des jeunes qui sont sortis des emplois-jeunes ont trouvé leur place sur le marché du travail. Les autres ont passé avec succès des concours de la fonction publique. Vous le savez, dans notre programme de pérennisation des emplois-jeunes, nous avons défini des concours de troisième voie dans la fonction publique nationale et locale, et, grâce à la validation des acquis, tous ces jeunes trouveront un débouché. Et n'oublions pas le programme TRACE créé pour les jeunes les plus en difficulté. Nous avons décidé cette année de doubler le nombre de ses bénéficiaires et de créer des bourses d'accès à l'emploi pour leur assurer une rémunération.

Par ailleurs, je me rendrai vendredi à Dijon où se réunissent les missions locales, dont le rôle est fondamental. Depuis 1997, j'ai plaisir à le souligner, nous avons multiplié leurs moyens, et nous avons créé pour elles 410 postes cette année. Car nous ne nous contentons pas de mettre en place des mesures : nous nous soucions aussi, trois ans après, de leur évaluation. Et nous n'entendons pas nous arrêter là : nous avons en projet un contrat d'autonomie jeunes, car, au-delà de ce que nous avons fait pour leur emploi, nous pensons que les jeunes ont droit à l'autonomie et aux moyens de celle-ci (Applaudissements bancs du groupe socialiste et quelques bancs du groupe communiste).